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Le GLPIC attire l’attention des autorités congolaises et de la communauté internationale sur la reprise des tueries dans les territoires de Beni et de Lubero.

RDCongo : un gouvernement de Kinshasa et les négociateurs indifférents aux massacres du Nord-Kivu

PAR FAUSTIN MBUSA, 27 DECEMBRE

Trente-cinq, vingt, quinze... ces chiffres désignent régulièrement les victimes des massacres au Nord-Kivu comme celles qui ont eu lieu le week-end de Noël. Treize civils ont été massacrés dimanche 25 décembre dans la localité de Nyanzale par des hommes armés que les rescapés apparentent à des mai-mai. Ce massacre de plus n’attire malheureusement plus que les précédents, l’attention du gouvernement congolais encore moins celle de la communauté internationale. Le Glpic rappelle au gouvernement de Kinshasa son devoir de protéger les citoyens congolais qui ont droit à la sécurité. A la communauté internationale, il rappelle qu’un autre génocide risque d’avoir lieu dans la région si on ne le prévient pas. Personne ne pourra plus dire qu’il ne savait pas.

Les vagues des massacres qui reprennent dans la Province du Nord-Kivu après un moment d’accalmie, inquiète beaucoup les populations du Nord-Est de la République Démocratique du Congo. 13 civils ont été tués dans la localité de Nyanzale par des hommes armés apparentés aux mai-ma Mazembe. Le village qui a été attaqué serait essentiellement peuplé par des membres de la communauté hutu. Les familles des victimes accusent leurs voisins de la communauté "nande" d’avoir commandité cette expédition.

Pendant le week-end de Noeël, 35 civils appartenant à la communauté nande, ont également été tués par une milice qui serait proche de la communauté "hutu". Une centaine de maisons appartenant aux victimes avaient été également incendiées. A Eringeti, aux confins du territoire de Beni, 22 civils ont été tués par des rebelles ougandais des ADF(Allied Democratic Forces).

Les rivalités intercommunautaires au Nord-Kivu, sont parfois cycliques et sont attisées par des intérêts politiques et économiques. Dans cette région où l’autorité de l’Etat est malmenée par des groupes armés, l’occupation anarchique des terres arables est souvent source de conflits sanglants. Malheureusement, cette situation est parfois cyniquement exploitée par certains politiciens de la région comme un fond de commerce . Cette partie de la République Démocratique du Congo s’est installée dans une banalisation de la mort si bien que la vie n’ a plus aucune considération même pour le gouvernement de Kinshasa.

Un silence coupable du gouvernement de Kinshasa

Depuis que les massacres se multiplient au Nord-Kivu, le gouvernement de Kinshasa brille par son silence en commençant par son chef de l’Etat. Son attitude devant ce drame, laisse à penser qu’il laisserait massacrer des pauvres congolais du Nord-Kivu. Très souvent les victimes sont non armées et parfois trop pauvres qui n’ont leurs champs comme seule richesse. Malheureusement ils en sont chassés par ces hordes de tueurs soupçonnés de vouloir appliquer une politique de remplacement étant donné qu’ils occupent parfois les champs abandonnés. Les conséquences de cette situation sont mécaniquement l’augmentation de la pauvreté et de la violence urbaine dans les centres urbains.

Dialogue inclusif : les massacres du Nord-Kivu absents des négociations

Le dialogue inclusif piloté par les évêques catholiques de la RDCongo est supposé aider le pays à sortir globalement de la crise. Mais il y a des situations qui méritent un peu plus d’attention que d’autres. L’ampleur et la régularité des massacres du Nord-kivu devraient constituer un point important lors des négociations qui sont supposées déboucher sur un compromis le vendredi prochain. Pour rappel, les massacres du Nord-Kivu qui prennent maintenant des proportions inquiétantes ont commencé depuis 2014.

Le GLPIC appelle les responsables politiques des différentes communautés à privilégier les voies de la paix et de ne négliger un seul moyen susceptible de contribuer un tant soit peu à l’avénèment de la paix dans la région.

Posted by Faustin Mbusa

Advocacy Officer GLPIC

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