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8 mars, journée internationale de la femme

RDCongo : Insécurité et violences, obstacles à la promotion des droits de la femme

Malgré les cérémonies commémoratives et les beaux discours de la journée internationale de la femme dans les centres urbains congolais en ce 8 mars 2017, des milliers de femmes continuent à souffrir des affres d’une guerre silencieuse qui dure depuis bientôt 20 ans en RDCongo et des violences de toute nature. Agressions sexuelles, déplacements forcés, mutilations barbares, pauvreté extrême, prostitution forcée dans les zones minières, toutes ces violations constituent le lot quotidien de bon nombre des femmes à l’Est de la République Démocratique du Congo. Malheureusement toutes ces violations sont perpétrées par des hommes barbares qui oublient qu’ils doivent leur vie à la femme. Le GLPIC qui souhaite par cette occasion une bonne fête à toutes les femmes en général et celles de la région de grands lacs en particulier, invite les hommes épris de paix à s’engager davantage pour la défense des droits de la femme. Il lance un appel vibrant aux femmes de se liguer afin de briser les plafonds de verre qui les empêchent de prendre leur place dans les centres de décision.

L’instabilité politique entretenue par les hommes politiques en République Démocratique du Congo met durablement en mal les chances de voir les femmes jouir pleinement de leurs droits. L’insécurité permanente comme conséquence de l’irresponsabilité des acteurs politiques congolais plombe l’émancipation des femmes en République Démocratique du Congo comme l’écrivaient ce matin nos confrères d’Africatime.

Dans un pays où l’on recense plus de 50 groupes armés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu d’après le rapport des ONG dont le du GRIP, un lourd climat d’insécurité empêche les femmes à exercer leurs droits , à jouer tout simplement leur rôle de mère. Or, dans ce pays en crise, la femme demeure le pilier de la famille par ses travaux des champs ou encore à travers le petit commerce. Malheureusement toutes ces activité sont mises à mal dans certaines parties de la RDCongo par les déplacements fréquents des populations sous la menace des groupes armés mais aussi par des expropriations mal préparées par des autorités politiques irresponsables qui privilégient leurs intérêts personnels au détriment de l’intérêt général. Tel est le cas du territoire de Beni où des violentes exactions sont commises contre les populations locales par un groupe armé étranger dénommé ADF depuis bientôt 3 ans dans une certaine indifférence. Dans la province voisine de l’Ituri, le coeur des femmes n’était pas non plus à la fête à cause de l’insécurité et de la misère.

Dans la partie orientale du pays, les autorités politiques congolaises octroient des carrés miniers aux entreprises étrangères à l’instar de Kibali Gold, qui obligent des villages entiers à déménager ou alors occupent des terres arables cultivées par des familles entières depuis des années sans aucun dédommagement. Ces familles sont condamnées à errer ou à s’entasser dans des camps des déplacés dans leur propre pays et sont confrontées à une situation de précarité à laquelle elles n’étaient pas préparées. Les premières victimes sont malheureusement les femmes et les enfants. La faute aux hommes politiques et leur mauvaise gouvernance.

Femmes, levez-vous pour vos droits.

Au regard des inégalités qui persistent au nom des us et coutumes, la femme ne sera mieux défendue que par elle même. Il y a certes des avancées juridiques significatives en faveur des femmes. Mais des résistances au changement ont la peau dure. Il est décevant de constater que même dans les lieux où les droits de la femme pouvaient être mieux protégés, on rencontre encore des esprit réfractaires qui continuent à traiter la femme comme un être incapable. Le 7 juillet de l’année dernière, M. Janusz Korwin-Mikke, un député européen polonais, déclarait en pleine session que les femmes devraient gagner moins que les hommes parce qu’elles sont "plus faibles, plus petites et moins intelligentes" après avoir comparé les migrants à des "déchets humains".

Face à ce genre de considérations, les femmes africaines en général et les congolaises en particulier doivent passer à l’action pour dénoncer les obstacles qui les empêche d’exercer pleinement leurs droits.

Sur le plan démographique, les femmes sont majoritaires. Par conséquent, unies, elles peuvent peser sur les résultats des élections et participer activement à la mise en place des autorités capables d’oeuvrer pour la paix sans agendas caché. Leur implication dans les activités sociales et politiques de la RDCongo, peut leur permettre de changer la situation au lieu de paraître comme des éternelles victimes des viols et autres exactions commis contre elles par les hommes.

Cependant, il convient de souligner que les pires formes de violences faites aux femmes , sont celles que l’on tend à légitimer au nom des valeurs coutumières et des croyances quasi dogmatiques. Elles seraient même plus dangereuses que des viols en temps de guerre, puisque plus difficiles à combattre même en temps de paix comme l’a toujours souligné M. Guilain Mathe, militant des droits de l’homme et fondateur du GLPIC. De toute manière, les droits de la femme doivent être défendus tous les jours, le 08 mars n’est qu’un rappel aux contrevenants qui oublient qu’ils doivent leur vie à la femme.

Posted by Faustin Mbusa

Advocacy officer GLPIC

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