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Le GLPIC condamne l’arrestation des militants pro-démocratie en RDC

RDCongo : 5 militants de la LUCHA et une journaliste arrêtés à Bunia

Par FAUSTIN MBUSA, 03 DECEMBRE 2016

Cinq militants de la LUCHA( Lutte pour le Changement) et une journaliste de la Télévision LOBIKO, Madame Adèle Uvon, ont été arrêtés le jeudi 02 décembre pour désobéissance civile et outrage à l’autorité publique. cette arrestation a été confirmée par plusieurs sources concordantes dont le bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l’homme en République Démocratique du Congo. Le GLPIC condamne l’arrestation des militants de la LUCHA ainsi que celle de leurs compagnons d’infortune et joint son appel à celui de toutes les organisations de défense des droits de l’homme afin que ces activistes pro-démocratie soient immédiatement libérés dans le respect des règles de la présomption d’innocence..

Les accusés ont été interpellés alors qu"ils se préparaient à tenir une conférence de presse sur la campagne "Bye-Bye" Kabila. Cette initiative, lancée par les mouvements citoyens le 22 novembre à Kinshasa, invite le chef de l’Etat congolais à quitter ses fonctions le 19 décembre 2016, date de la fin de son second et dernier mandat présidentiel. Les griefs portés contre les militants pro-démocratie seraient fondés sur des morceaux de papier découverts dans leurs poches sur lesquels il était marqué : "15 ans de tueries, 15 ans de corruption, 15 ans de chômage" en référence au nombre d’années du pouvoir du président congolais, Joseph Kabila, a confié leur avocat.

Les six personnes ont directement été présentées au tribunal de grande instance de Bunia. L’avocat des activistes de la LUCHA, n’avait pas trouvé la désobéissance civile et l’outrage à l’autorité publique justifiés alors que les accusés n’avaient même pas commencé leur conférence de presse ni distribué un seul tract susceptible de troubler l’ordre public.

Leur libération immédiate et le respect du droit de manifester exigés

Les organisations de la société civile locale ont appelé les autorités congolaises à libérer immédiatement les militants pro-alternance et la journaliste par respect de la procédure pénale et de la présomption d’innocence. Journaliste en danger(JED), une organisation congolaise de défense des journalistes exige la libération de leur consoeur, Adèle Uvon, arrêtée alors qu’elle exerçait sa profession. Cette arrestation intervient après l’appel du Secrétaire général adjoint des Nations Unies chargé des droits de l’homme, M. Andrew Gilmor, au respect des libertés fondamentales, du droit de manifester notamment ainsi qu’à la fin de la censure des médias.Ce diplomate qui a fini son séjour en RDCongo le 28 novembre dernier, a dénoncé la restriction des libertés par les autorités congolaises au nom de la sécurité, qui ne peut justifier, à ses yeux, une telle atteinte aux droits fondamentaux.

La LUCHA en guerre contre les "prédateurs de la démocratie"

La LUCHA, mouvement congolais des jeunes indignés né à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, se présente comme un mouvement citoyen, non partisan et non violent. Cette organisation a cependant appelé le jeudi 02 décembre, à la "saisie des avoirs" d’un certain nombre des personnalités civiles et militaires, proches du président Joseph Kabila, considérées par ce mouvement comme des prédateurs de la démocratie dès le 20 décembre. Les jeunes opposants mobilisés pour la campagne "Bye-Bye" Kabila, considèrent que le président Kabila violerait la constitution congolaise en son article 64, s’il refuse de quitter le pouvoir le 19 décembre 2016, date limite de son second et dernier mandat présidentiel. Pour rappel, un dialogue politique entre la majorité présidentielle et une frange de l’opposition a abouti à un accord le 18 octobre dernier permettant à Kabila de glisser son second mandat jusqu’en avril 2018. Cette date a été retenue à titre indicatif pour l’organisation des prochaines élections qui devaient avoir lieu cette année. Une proposition contestée par le rassemblement des forces acquises au changement et la Conférence épiscopale catholique du Congo(CENCO) qui continue à s’activer pour obtenir l’organisation d’un autre dialogue plus inclusif.

Fred BAUMA, membre de la LUCHA, en plaidoyer au sénat américain.

Déterminée à se faire entendre à travers le monde, la LUCHA par la voix de l’un de ses fondateurs, M. Fred BAUMA qui a purgé un an de prison centrale de Makala à Kinshasa à cause de son activisme, a été honorablement reçu au sénat américain ce mercredi 1er décembre. Il a invité cette assemblée à " agir maintenant pour éviter que la République Démocratique du Congo ne sombre une nouvelle fois dans la violence". Au même moment, M. She Okitundu,M. Kikaya Bin Karubi, conseillers diplomatiques et émissaires de Joseph Kabila auprès du Sénat américain se faisaient traiter de" criminels qui tuent leur peuple" par un sénateur américain.

Tentative de corruption d’une ancienne parlementaire américaine par le gouvernement congolais ?

Pendant ce temps, un feuilleton sur une tentative de corruption par le gouvernement de Kinshasa, d’une ancienne parlementaire américaine, Madame Cynthia McKiney, agite les réseaux sociaux et très commenté à Kinshasa.. L’objet de la discorde, une lettre signée de la main de Lambert Mende fait état d’un versement de 368 000 USD sur 448 000 USD à la parlementaire, une rétribution versée pour améliorer l"image de la RDCongo, qui serait abimée par M. Moise Katumbi et l’administration Obama. Dans une correspondance commentée par la presse, l’ancienne parlementaire américaine a répliqué ce 02 décembre, arguant n’avoir jamais reçu un centime de cet argent et a menacé de saisir ses avocats pour dénoncer cette atteinte à sa réputation". Madame Cynthia McKiney qui affirme détenir d’importantes informations compromettantes sur le processus électoral actuel et la corruption en RDCongo,confie ne pas être prête à faire du lobbying en faveur du gouvernement congolais. Pas inconnue, Cynthia MCKiney était candidate pour le parti écologiste américain, le green Party à l’élection présidentielle de 2008. Elle a également exercé six mandats au congrès américain.

Posted by Faustin Mbusa

Advocacy Officer, GLPIC

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