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Afrique des Grands Lacs : Revue de presse du 20 novembre 2016

RDC : Le processus démocratique à la croisée des chemins

Par Faustin Mbusa, 20 novembre 2016

Alors que le deuxième et dernier mandat du président de la RDC, Joseph Kabila, s’achève le 19 décembre prochain, tout le décor est planté pour assurer son maintien au pouvoir jusqu’en avril 2018. Malgré l’accord signé en octobre 2016 par la majorité au pouvoir et une tranche de l’opposition peu représentative, des voix s’élèvent toujours haut et fort, au niveau tant interne qu’international, pour exiger le respect de la constitution et l’alternance démocratique dans les délais constitutionnels.

Mission du Conseil de sécurité de l’ONU en RDCongo : un message général sans fermeté.

Une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU a effectué une mission en République Démocratique du Congo du 11 au 14 novembre avec pour objectif de vérifier l’application de la résolution 2277. Pour rappel, cette résolution appelle le gouvernement congolais à organiser les élections présidentielles et législatives dans les délais constitutionnels(...). Or, un accord politique a été entretemps signé entre la majorité et une frange de l’opposition le 18 octobre dernier qui renvoie l’organisation des élections en avril 2018 et par conséquent avalise le glissement du deuxième mandat du président Joseph Kabila qui devait s’arrêter le 19 décembre 2016.

Dirigée par les ambassadeurs permanents de la France et de l’Angola auprès des Nations Unies, cette délégation forte de quinze diplomates a rencontré les acteurs de la crise congolaise à Kinshasa la capitale. Après une brève escale à Goma le chef-lieu de la province du Nord-Kivu, les diplomates des Nations Unies ont terminé leur mission par la ville de Beni, dont la périphérie est depuis octobre 2014 le théâtre des massacres d’une rare violence.

Une délégation aux points de vue différents avec un message sans fermeté

Les Etats-Unis, la France et la Grande Bretagne, peut-on lire sur le site de RFI(Radio France Internationale),auraient bien voulu obtenir un engagement ferme de Joseph Kabila de ne pas se représenter pour un troisième mandat et que les élections présidentielles soient organisées en 2017. Par contre, les pays comme la Russie ou la Chine, considèrent que ce genre de réflexionss constitueraient de l’ingérence. Cette différence d’opinion a certainement affecté le message de la délégation des Nations Unies qui est apparu très général et sans fermeté vis-à-vis des autorités congolaises et de la situation qui prévaut à l’Est de la République Démocratique du Congo. Les attentes de la population de cette partie du pays sont si grandes qu’elle attend une réaction énergique pour le rétablissement rapide de la paix et de la sécurité. Le communiqué final lu par le représentant permanent adjoint de la France à l’ONU, M. Alexis Lamek, a souligné l’importance de mutualiser les efforts , non seulement avec les pays de la région, les forces nationales et les forces de la Monusco, mais aussi la population du Nord-Kivu en vue de lutter contre les auteurs des violences régulièrement déplorées à Beni.

Un plaidoyer pour le droit de manifester et la liberté d’expression

Au cours de son entretien avec le chef de l’Etat Congolais, le conseil de sécurité a rappelé au pouvoir de Kinshasa de respecter le droit de manifester. Cette requête faisait écho à l’interdiction par le gouvernement toute manifestation politique à Kinshasa qui a conduit le rassemblement pour le changement à annuler un meeting qui était prévu pour le 5 novembre.

Dans la même logique, les diplomates des Nations Unies ont exhorté les autorités de Kinshasa à rétablir le signal de la Radio France Internationale, coupé une semaine plus tôt par le gouvernement congolais, reprochant au média français de faire la propagande de l’opposition.

De même, les diplomates des Nations Unies ont également plaidé pour la libération des prisonniers politiques figurant sur une liste qui leur a été remise par la société civile et qu’ils ont à leur tour remise au président Kabila.

Un tweet ravageur," une indiscrétion" et des inquiétudes

Dans un tweet largement commenté dans la presse et les milieux politiques congolais,M. Stephen Hickey, diplomate britannique et membre de la délégation, a révélé que M. Joseph Kabila s’est montré très peu rassurant quant à son éventuelle candidature à la prochaine présidentielle. Selon ce diplomate,à la question de savoir si le chef de l’Etat congolais comptait briguer un troisième mandat, ce dernier aurait précisé que la constitution était claire sur la limitation du nombre des mandats à deux, mais qu’il était possible de l’amender. Le président Kabila aurait ajouté qu’il trouvait curieux que le Conseil de sécurité de l’ONU se focalise sur une violation de la constitution en République Démocratique du Congo alors qu’il y a d’autres violations dans la région. Les conseillers du chef de l’Etat dont le sénateur She Okitundu, ont essayé d’expliquer les propos du chef de l’Etat, le mal était déjà fait.

Des propos qui risquent de constituer une source d’inquiétude d’autant plus que les tensions dans le pays puisent en partie leur origine dans les soupçons qui pèsent sur M. Joseph Kabila de vouloir se maintenir au pouvoir alors que son mandat prendrait normalement fin le 19 décembre 2016.

Posted by Faustin Mbusa

Advocacy Officer, GLPIC

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