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Plaidoyer pour une justice équitable en faveur des femmes victimes du viol au Kivu

Éradiquer définitivement les viols des femmes au Kivu : pour quelle responsabilité ?

By Solange Masika, January 12, 2013

Une vingtaine des personnalités internationales, dont l’ancien Président français Jaques-Chirac, ont haussé le ton pour dénoncer les violsndes femmes commis par la rébellion du M23 et l’inertie de la communauté internationale dans l’enfer qui sévit au Kivu, à l’Est de la RDC. Cependant l’éradication définitive des viols au Kivu passent absolument par le courage de dénoncer tous les auteurs de ce crime odieux, y compris l’armée congolaise et d’autres milices ethniques locales et rébellions étrangères opérant au Kivu.

Plusieurs voix se sont levées pour dénoncer les viols des femmes au Kivu, une région de la République Démocratique du Congo déchirée par une guerre cynique et sans frontière depuis près de vingt ans qui lui est imposée par les prédateurs des abondantes richesses de son sous sol.

Plusieurs groupes armés y recourent au viol comme véritable arme de guerre pour réduire les populations locales en un esclavage de type moderne. Malgré le déploiement de la plus grande mission de paix de l’ONU en RDC depuis plus d’une décennie, la paix n’est jamais été au rendez-vous au Kivu où les femmes et les hommes vivent un véritable enfer sur une terre bourrée de richesses incommensurables.

Une vingtaine de personnalités majoritairement françaises (dont l’ancien chef de l’Etat Jaques Chirac et l’actuelle première dame Valérie Trierweiller) sont monté au créneau en décembre 2012 pour dénoncer le Mouvement rebelle M23 comme principal auteur des viols faits aux femmes et l’inertie de la communauté internationale dans l’enfer qui sévit au Kivu.

Une telle approche constitue une lecture partielle de la réalité quand on sait que de nombreux cas de viol ont été commis également par plusieurs autres groupes armés nationaux et étrangers qui opèrent dans la région (milices ethniques, rébellion rwandaise FDLR, rébellions ougandaises ADF NALU et LRA). Pire encore, l’armée et la police congolaises figurent parmi les responsables des tueries et des viols des paisibles populations locales qu’elles sont censées protégées, souvent dans le silence et l’impunité la plus totale.

L’on peut en finir avec le M23 demain, mais la femme du Kivu ne sera pas au bout de sa peine face au viol. Pour combattre celui-ci, il convient d’établir une nette responsabilité des auteurs : blâmer un seul acteur (tel que le M23) tout en dédouanant l’armée congolaise et de nombreuses autres milices locales n’est certes pas rendre une justice équitable en faveur des victimes.

Solange Masika,

Responsable Protection de la femme et de l’enfant, GLPIC

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