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Ces tueries récurrentes à Beni (Nord-Kivu, RDC) : Carnage, complicité ou terrorisme ?

Ce qui se passe réellement à Beni-ville et territoire

Musondolya Kasereka, July 29, 2015

Mon âme est rassasiée de malheur, et ma vie est au bord de l’abime (Ps 88,4) dans un message de l’assemblé Episcopale Provinciale de Bukavu (ASSEPB) »

Une session ordinaire du 16 au 23 mai 2015 des évêques et archevêques membres de l’ASSEPB relatant tour à tour la situation socio pastorale de la province Ecclésiastique du Kivu. Touchés par la profonde détresse des populations meurtries par les violences qui sévissent en territoire et ville de béni depuis 2 ans. Ils sont les portes parole auprès des instances de décision tant nationales qu’internationales ; « Nous communions aux souffrance de tant de frères et sœurs sacrifiés. Voila pourquoi après avoir écouté, prié et réfléchir, nous parlons. Je crois et je parlerai moi qui ai beaucoup souffert, moi qui ai dit dans mon trouble : l’homme n’est qu’un mensonge (Ps 115,10-11) disaient ils ? ».

Depuis plus de 20 ans la population de la R.D.C vit une misère infernale provoquée par des guerres qui ne finissent jamais.

Pour les Evêques et Archevêques, en 2010, le bilan était chiffré a 6 million de morts sur l’ensemble de la RDC et une série continue spécialement a l’Est de la RDC (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Katanga el la province orientale). En dénonçant les massacres de Mutarule-Uvira, Survenus le 06/06/2014 avec 34 morts de Mukungwe-Bukavu, le 08/03/2015 avec 8 tués dans le carré minier, l’assassinat du prêtre Jean Paul Kakule le 25/02/2015 et en soulevant un bilan de 419 personnes tuées par machettes et haches enregistré par la société civile entre Octobre 2014 et Mai 2015. Sans oublir les 837 personnes enlevées en territoire de Béni depuis 2010 par le rebelle Ougandais ADF/Nalu en pensant aux trois pères assomptionniste enlevés le 19/10/2012 a la paroisse notre Dame de Pauvres de MBAU .

Ces derniers temps, les violences y atteignent une intensité intenable proche de la rupture. Comme dans une jungle, ces malfaiteurs incendient des villages en toute impunité provoquant le déplacement massif de la population vers les cités ou elle est vouée à la famine et misères .les criminels tuent brutalement avec des machettes, des couteaux ou des haches .Certains de leurs victimes ont les gorges tranchées, les bras de nombreux enfants sont mutilés, de femmes enceintes éventrées et des familles entières sont décimées. Ce sont de véritables actes génocidaires, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Leurs interprétations face à l’analyse de la population pour cette crise : Du côte des bourreaux nous observons la mise en place d’une terreur d’épuration systématique des personnes, d’une stratégie de déplacement forcée de la populations en vue d’occuper progressivement leur terres et de l’installation de foyer d’intégrisme religieux et de base d’entrainement terroriste. Tout cela se passe dans un contexte d’une mafia économique et d’un affairisme politico-militaire alimenté par le pillage en grande échelle d’abondantes ressources naturelles : minières, forestières, animales et pétrolières.

Du côté du pouvoir politique et de la communauté internationale, nous ne pouvons certes pas dire que ces deux n’ont rien fait pour résoudre ce genre de problème.

Nous reconnaissons en effet les mérites des initiatives et opération telles que : la conférence de Goma Amani Leo, les prouesses des FARDC pour défaire les Forces du M23 avec l’aide de la MONUSCO en novembre 2013, l’énergie déployé par l’Etat congolais pour mettre fin au désordres dans d’autre province du pays. Nous rendons hommage aux officiers et soldats congolais ou onusiens qui se sont dévoués ou qui ont versés leur sang pour cette cause. Mais curieusement la sécurité et la paix et l’intégrité territoriale ne semblent pas avoir été prioritaire dans la stratégie des autorités publiques ; elles constituent partout de condition préalable à tout effort de construction, de reconstruction et de modernisation. En tout cas de manière générale, l’Etat laisse pourrir la situation, à l’Est du pays. Nous avons de difficultés à comprendre les ambigüités, tergiversations et les paradoxes de notre gouvernement. Après chaque crise, les missions se succèdent en cascade et en vain car les autorités écoutent mais aucune action concrète ne suit. Dés lors, nous nous demandons : face a cette insécurité, le gouvernement serait il incapable, démissionnaire ou complice !

Incapable ? Peut être ! Et pourtant il a démontré son savoir faire dans d’autre cas. Par contre, ici il installe des officiers au passé chargé qui ont causé bien de torts à la population ; ceux-ci sont positionnés à de frontières sensibles, en face de leurs anciens complices. En outre ils sont soutenus au centre du pouvoir congolais par leur collègue bien connus, placés à des postes stratégiques. Alors on assiste à un enlisement récurent des conflit aux frontières. (PS 10,3) L’Etat serait il démissionnaire et complice ? c’est possible ! mais alors pour quelle raison et quel intérêt. Toujours est-il qu’en situation de crise on entend des délégués du pouvoir chercher à accuser des particulier notamment, la population locale, commerçants et certains politiciens qui sont aux affaires. A supposer que leur allégation soient avérées que fait l’Etat de l’armée, de la police nationale, des services de renseignement et de la justice qui sont mis à sa disposition pour assurer sa souveraineté ?… Cela ne risque t il pas d’être vu comme une complicité ? Dans ce contexte comment les élection transparentes, libres, démocratiques et apaisées pourront-elles avoir lieu dans cette partie de la République ?

Nous sommes donc en face de trois périls majeurs qu’ un pouvoir responsable ne peut ignorer : un climat de génocide, un foyer d’intégrisme djihadiste et un processus de balkanisation. les jeunes de Butembo et Béni, en nous accueillant, ont judicieusement cité une phrase d’Abraham Lincoln, ancien président des Etats-Unis : « on peut tromper une Partie du peuple tout le temps ; tout le peuple, une partie du temps. Mais pas tout le peuple tout le temps ». La population de l’Est a la nette impression de n’être pas protégé par un Etat comme nous l’avons déjà dit en 2013 et abandonné par la communauté Internationale malgré la présence renforcée mais nullement rassurante des troupes de la MONUSCO dans le Nord et sud Kivu.

Que le chef de l’Etat se mette face à se responsabilité régalienne, qu’il en fasse le bilan, qu’il pacifie tout le pays pour l’organisation prochaine des élections à tout le niveau et pour tous les citoyens de ce pays.

A la MONUSCO et a la communauté internationale, en célébrant son 15eme anniversaire de sa présence en RDC et qui pèse lourd sur les contribuables de la planète s’évalue par rapport à sa mission de stabilisation pour améliorer son rendement.

Aux Elus du peuple : en recevant mandat de parler en son nom et vous êtes bien payé par ce même peuple ; chacun de vous perçoit mensuellement presqu’autant que 169 enseignants de l’école secondaire, autant que 270 militaires ou presqu’autant 7 professeurs de l’université. Êtes-vous vraiment fiers de votre silence sur ces problèmes vitaux de votre peuple, que d’autres doivent parler à votre place, tandis que vous mangez et vous vous taisez ? Aurez vous le courage de revenir tranquillement demain pour sollicités à nouveau la confiance de vos frères et sœurs meurtris par cette situation ? Aux leaders des confessions religieuses chrétiennes. Nous vous encourageons à intégrer la dignité humaine dans la prédication de l’évangile comme singe de la rédemption de jésus christ. Restons indéfectiblement attachés à votre espérance (He 10,23). Devant tous les peuples, témoignez de la paix que le christ ressuscité apporte au monde : la paix soit avec vous. (cfr Jn 20,18.21,26).

Aux autres croyants, nous vous invitons à prendre distance de la violence, à cultiver la tolérance et à intégrer la valeur de la miséricorde de Dieu, créateur et père de toute l’humanité. Aucune religion ne peut prôner la violence et se déclare de Dieu (Pape François).

A vous, frères et sœurs égarés, auteurs de ces crimes Odieux : Nous vous rappelons que nous sommes tous frères. Nous vous demandons de cesser la violence, d’éviter la tentation du gain sans effort et d’arrêter de pactiser avec l’ennemi pour construire ensemble une société plus juste, plus humaine et plus fraternelle.

Voila quelque grandes lignes, lues pour vous, du message de l’ASSEPB aux chrétiens et aux hommes de bonne foie.

MUSONDOLYA KASEREKA

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