Accueil du site > Alerte et Plaidoyer > Butin de guerre ; Putain de guerre

Tout sur le pillage de la ville de Goma par la rébellion du M23, sous le regard impuissant de l’ONU

Butin de guerre ; Putain de guerre

By Guilain Mathe, November 29, 2012

Le journaliste congolais Magloire Paluku, Directeur de la Radio Kivu 1 émettant de Goma, nous livre ici un témoignage poignant sur les atrocités commises en ville de Goma par les rebelles du M23 soutenu par le Rwanda. Source : https://www.facebook.com/mapalvav

Un jeudi noir a Goma. Ce jour du 29 Novembre 2012 qui est l’échéance de quitter et se retirer a 20km ressemble a un jour de pillage éhonté qui collera sur l’histoire peu glorieuse des conquérants de Goma. Depuis le matin c’est un exploit, sans crainte du ridicule, au quel se livre certains militaires et activistes du M23.

En pleine ville le bureau de l’institut National pour la Sécurité Social a été visite. Trois véhicules amenés. A Kibabi, plusieurs camion « Fuso » sont partis.

Ce spectacle de butin de guerre fait ressurgir l’apport dont bénéficie le M23 de la part des étrangers. Dans toute l’histoire des guerres c’est tout à fait « normal » que les guerriers se servent après travail. Mais le cas de Goma est presque une exception. Pendant que la résidence du gouverneur était remodelée, semble-t-il pour servir de maison au président du M23 le Jean-Marie Runiga ; c’est le musée, le bureau du gouverneur qui a été parmi les premières proies de la razzia. Les ordinateurs sont partis, le mini-coffre-fort du ministre des finances transporté avec l’aide des personnes connues et collabos. Ce qui reste au gouvernorat c’est tout simplement deux gros bus(en panne) et le minibus de la presse et deux camionnettes Nissan. Ce jeudi matin les boutiques de Birere ont vite fermé après avoir tenté d’ouvrir, par peur d’être dévalisées.

Les biens, voitures et camions pilles prennent des directions différentes. Pour tromper la vigilance, les auteurs font regrouper les jeep de l’Etat à la huitième région militaire. D’autres vont au Nord de Goma entre Kibati et Rumangabo avant de traverser la frontière avec le Rwanda.

Certains responsables du M23 ne peuvent justifier cet autre drame de la population de Goma car les operations se passent entre avertis et assurément non congolais. Les responsables Congolais qui sont partis chercher les voitures des dignitaires en fuite, voulaient un moyen de déplacement dans la ville conquise mais les personnes singulières se sont servies aussi chez les privés.

Un jeudi des malheurs dans la ville de Goma. Le butin de guerre avaient de rendre ce triomphe d’humilier le pouvoir de Kinshasa en un putain de guerre car les pillards ne trouvent pas d’intérêt dans un « après rébellion » au contours flous ; quand la communauté internationale somme le rebelle a foutre le camp. Le communique de Kampala est malheureusement ouvert que chacun peut y apporter ses explications, son interprétation.

« Les rebelles doivent quitter Goma » ;il n’y a pas de distinction entre rebelle militaire et rebelle civil-politique ;c’est tous. L’interprétation des politiques du M23 fait exception des civils. Ainsi peut-on comprendre que les pillards sont militaires qui doivent libérer la ville et retourner a 20km ?Quelle sera la cohabitation entre les politiques et une population pillées, tuées et paupérisées après la chute de Goma ?L’avenir est anecdotique.

Au chapitre des assassinats c’est d’abord un négociant des minerais répondant au nom d’UZARIBARA qui a été froidement tué, mercredi, et sa jeep emportée. Une autre personne, Bimpa Mukama, n’a pas pu se sauver sur son chemin à Sake.

(Magloire Paluku)

Posted by Guilain Mathe,

Director, GLPIC

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0