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RDCongo : 19 décembre, journée de tous les dangers

Arrestations et pertes en vies humaines exarcerbent la tension

PAR FAUSTIN MBUSA, 19 DECEMBRE 2016

Alors que Kinshasa la capitale a connu un calme relatif ce lundi 19 décembre, le bilan de cette journée fait état d’un certain nombre d’arrestations et des morts dans la ville de Butembo. Selon plusieurs sources concordantes, on déplore dans cette deuxième ville du Nord-Kivu, la mort de quelques éléments des forces de l’ordre et deux casques bleus de la MONUSCO. Le GLPIC condamne toutes ces violences et invite les protagonistes à privilégier la non violence au profit de la paix quelles que soient les revendications.

Alors que la journée du 19 décembre était considérée comme celle de tous les dangers suite aux violences que pouvaient provoquer les manifestants, elle s’est relativement bien passée. A Kinshasa, la situation était globalement calme suite à un important dispositif sécuritaire qui a été déployé dans la ville selon les différents observateurs.

Les militaires et les policiers étaient postés dans les coins stratégiques de la ville pour empêcher les manifestants de s’exprimer. Le porte-parole de la police, avait mis en garde tous ceux qui tenteraient de troubler l’ordre public à travers des manifestations non autorisées, ce 19 décembre, date de la fin du deuxième et dernier mandat de Kabila. La circulation était timide, peu de véhicules ont circulé sur les principales artères de la capitale. Les bus de la TRANSCO, une entreprise publique congolaise de transport, généralement bondés, avaient très peu de passagers à bord.

Des commerces et écoles fermés

Selon les permanences des associations, de nombreux magasins et d’autres maisons de commerce étaient fermés sur la célèbre Avenue du Commerce. Le marché central de Kinshasa situé à quelques mètres plus loin, les étales étaient vides. Les principaux bureaux des sociétés de télécommunication comme Orange ainsi que plusieurs banques étaient fermés. Les écoles et certains bureaux de la fonction publique étaient fermés. La même situation était observée dans les autres villes du pays où le déploiement massif des forces de l’ordre aurait dissuadé les manifestants.

Arrestations à Kinshasa et à Goma.

A Kinshasa on a noté dans la journée l’arrestation de M. Franck Diongo, président du Mouvement Lumumbiste Progressiste(MLP) et membre du Rassemblement des Forces acquises au changement. Il est accusé de séquestration des forces de l’ordre. Peu avant son arrestation, il affirmait avoir capturé en sa résidence, avec l’aide de ses militants, des militaires en civil qui seraient venus avec l’intention de le tuer. Selon les versions recueillies à Kinshasa, alors qu’ils se préparaient à manifester avec leur président, les militants du MLP ont repéré des visages inconnus dans leurs rangs qui ont vite attiré leur attention car ils se rapprochaient un peu trop de leur président.

Ces intrus ont vite été neutralisés par les éléments de la sécurité de M. Diongo et auraient trouvé sur eux des pistolets. Menacés d’être lynchés, ces derniers ont avoué appartenir à la Garde Républicaine. La nouvelle a vite fait le tour de la ville et le chef de la Garde Républicaine a rapidement dépêché des renforts au siège du MLP pour les libérer. C’est dans ces circonstances que M. Diongo aurait été molesté et brutalement embarqué par les éléments de la Garde Républicaine.

Ce dernier a été libéré tard dans la soirée, selon des sources proches de la MONUSCO à Kinshasa dont les forces ont raccompagné l’opposant à son domicile.

Des militants pro-démocratie de Filimbi et de la LUCHA arrêtés.

A Goma, au moins 41 personnes dont 11 militants de la LUCHA(Lutte pour le Changement) ont été arrêtés selon les militants de cette association joints sur place. Human Rights Watch indique avoir reçu une quarantaine de signalements d’interpellations de personnes à Goma.

A Kinshasa, deux militants pro-démocratie M. Carbone MUENA du mouvement citoyen Filimbi et mademoiselle Gloria SENGHA PANDA SHALA, militante reconnue de la LUCHA, sont portés disparus depuis le samedi 17 décembre. Ces derniers auraient été arrêtés, selon leurs amis, alors qu’ils revenaient de l’Université de Kinshasa où ils suivent des cours, par les agents des services de renseignements.

Mort d’hommes à Butembo.

Butembo, la deuxième ville de la Province du Nord-Kivu a été secouée dans la matinée, par des détonations à l’arme lourde ont rapporté plusieurs sources de la région. Des hommes armés non autrement identifiés auraient simultanément attaqué la résidence du maire de la ville, l’aérodrome où se trouve le camp militaire de la ville avant de s’attaquer à la prison centrale de la capitale économique du Nord-Kivu.

Au même moment, la résidence privé du président Kabila, située à environ 15km du centre ville, aurait été prise d’assaut par des hommes armés. Les éléments de la police et de l’armée avec le concours des casques bleus en poste à Butembo, ont tenté de repousser les assaillants. Les affrontements qui s’en sont suivi selon les sources recoupées sur place, ont provoqué la mort de 2 policiers, 7 militaires des Focres armées de la République Démocratique du Congo, 2 casques bleus , 4 personnes assimilées aux assaillants.

Un calme relatif était revenu dans la soirée après un important déploiement des forces de l’ordre qui avaient repris position dans les points stratégiques de la ville a confié un reporter de Radio Moto, une radio catholique locale émettant dans la région.

Le GLPIC demande la libération de toutes les personnes arrêtées en respectant leur droit à un procès équitable et le principe de la présomption d’innocence.

Posted by Faustin Mbusa

Advocacy Officer, GLPIC

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